Movie Star 3 de Alex Cartier

30 mai 2016

movie star 3Il était bien difficile de savoir où Alex Cartier allait nous embarquer à la fin de son second tome. Il est bien évident qu’il faut avoir lu les deux premiers pour profiter de celui-ci. Nous avions laissé les héros dans une situation nouvelle et un peu désagréable pour Ophélie, la jeune attachée de presse du livre.

Celle-ci a rencontré dans le premier tome, Michael Brown, un acteur américain d’âge mur et de renommée internationale. Cet homme charmant, séducteur, fascinant, elle en est amoureuse depuis toujours et son rêve va soudain devenir réalité quand il va visiblement s’intéresser à elle. Cette romance s’est développée au cours des deux premiers livres, digne des magazines people et de leurs couvertures en papier glacé. Mais voilà, parfois, la réalité est un peu différente et Ophélie est retombée brutalement sur terre. Dans ce troisième opus, nous la retrouvons donc, célibataire, avec son amie Laure, à Los Angeles où elles sont parties travailler. Laure y a rejoint son amoureux et inévitablement, Ophélie s’est rapprochée de la famille Brown car dans la famille, il y a Michael mais aussi Charlie, son frère.

Le décor est planté dans le milieu du cinéma américain, dans une Californie flamboyante.

Les deux premiers romans avaient peut-être eu quelques moments de faiblesse, des longueurs, c’est beaucoup moins le cas dans ce troisième opus qui finalement change assez de ton. La première partie fait le lien avec ce qui s’est passé avant et fait avancer la vie sentimentale d’Ophélie, la seconde nous plonge dans une sorte de thriller érotique qui fait un mix d’une très grande habileté entre plusieurs affaires criminelles qui ont défrayé la chronique outre-atlantique. Tout est bien vu, parfaitement dosé et superbement conté On plonge encore plus dans cette dernière partie, totalement passionnante. L’auteur sait de quoi il parle, c’est dense, avec de constantes références au cinéma et à des films comme dans les deux premiers tomes mais cela prend toute sa dimension dans cette Mecque du septième art qu’est Los Angeles. Basic Instincts est particulièrement judicieux dans cette énumération de films.

L’histoire est donc impeccable même si parfois cela va un peu trop vite, si on tombe vite amoureux dans les livres d’Alex Cartier mais ce n’est pas grave, on oublie ce détail. L’évolution des personnages et tout particulièrement d’Ophélie est remarquable. Là aussi, l’auteur a fait un choix particulièrement pertinent et donnant la parole à Laure. L’amie grande gueule et sans filtre d’Ophélie a un regard extérieur qui va très bien servir l’histoire ici. Elle écrit aussi son journal et nous conte sa vie, ce qui permet d’alléger un peu l’atmosphère parfois mais aussi celles de ceux qui l’entourent. Pour une fois, nous contemplons Ophélie de l’extérieur en pleine action et le chemin parcouru depuis le premier tome et la petite attachée de presse avec des étoiles plein les yeux face au plus bel homme du monde a fait du chemin, beaucoup de chemin. Elle en est d’autant plus attachante mais également effrayante. On en vient presque à regretter sa naïveté rafraichissante du départ. Et puis, il y a les personnages masculins, pas toujours sympathiques, avec des défauts, parfois beaucoup, parfois moins. Pour ma part, j’accorde une récompense spéciale à Michael Brown, que je n’ai jamais trouvé sympathique mais qui, dans ce tome, paradoxalement, prend une sorte de dimension supérieure par sa classe, par sa confiance en lui qui transcende les défauts pourtant très graves. C’est un grand personnage de roman, qui garde même à la fin encore une part de secret.

Voilà donc une trilogie dense, passionnante, évolutive, pas toujours parfaite mais qui ne ressemble à aucune autre. Il y a de la romance, de l’intrigue, du glamour, du suspense, du sexe et pas mal de cynisme parfois…un cocktail inhabituel mais particulièrement réussi

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